La difficulté est structurelle. L’enfant, surtout le nourrisson, ne décrit pas sa douleur. Les signes d’alerte sont peu spécifiques (fièvre, pleurs, refus de biberon, somnolence) et ressemblent à des motifs de consultation banals.
Le tableau est fruste au début et brutal ensuite : quelques heures séparent l’enfant « fatigué » de l’urgence vitale. Le pédiatre est jugé sur ce qu’il pouvait percevoir au moment de l’examen, mais l’expertise a lieu des années plus tard, en connaissant l’issue.
La consigne de surveillance écrite est votre meilleure défense. Dans la plupart des dossiers, ce qui départage l’expert n’est pas le diagnostic initial, souvent défendable, mais la traçabilité : signes cherchés et notés, poids, heure de l’examen, consignes de reconsultation remises aux parents.
Un dossier bien tenu transforme un « retard de diagnostic » en évolution imprévisible. Il se conserve, lui aussi, très longtemps.